Paranormal

Légende de Provence

Beaucaire est une charmante bourgade provençale située dans le Gard, sur la rive droite du Rhône. Cette cité très ancienne, fondée au VIIe siècle avant J.C., abrite des légendes qui remontent à la nuit des temps.

On conserve dans les réserves du musée du Vieux-Beaucaire, des battoirs de lavandières ornés, d’un côté, de figures reptiliennes. Ces étranges battoirs, dont on peut admirer d’autres beaux spécimens au Museon Arlaten d’Arles, sont les seuls à garder vivante la fabuleuse histoire du drac de Beaucaire. Gervais de Tilbury, le premier, mentionne la légende dans son ouvrage De lamis et dracie et phantassis, écrit vers l’an 1200. La voici, telle qu’elle a été reprise depuis par divers auteurs, sans jamais subir la moindre altération :

Ce drac, ou dragon, hantait les bords du Rhône et se nourrissait de filles et de garçons qu’il attirait au fond de l’eau par son chant et en faisant miroiter sous leurs yeux des pierreries merveilleuses. Un jour, il s’approcha d’une jeune femme qui venait d’avoir un enfant sans mari et qui lavait son linge sur la rive déserte.

Fascinée par le chant du monstre, elle laissa tomber son battoir et, en allant le chercher dans l’eau, elle perdit pied. Entraînée dans les abîmes, elle disparut.

Le drac la conduisit auprès de sa femelle qui venait d’enfanter et la jeune femme fut priée de servir de nourrice au bébé dragon. Le drac lui confia une petite boîte de graisse humaine, en lui recommandant de bien en enduire son fils chaque soir afin qu’il soit invisible, puis de nettoyer soigneusement ses mains après l’opération avec une eau spéciale qu’il lui fournit également. Un soir qu’elle était plus fatiguée que de coutume, la nourrice oublia de se laver les mains. Le lendemain matin, en s’éveillant, elle se frotta les yeux et constata qu’elle pouvait voir le dragon, lors même qu’il s’était rendu invisible aux humains. Au bout de sept années d’absence, la lavandière retrouva la liberté et s’en retourna tout heureuse chez elle. On la vit revenir à Beaucaire, et rentrer dans sa maison, un paquet de linge sur la tête, comme si elle s’en retournait du lavoir. Aux questions qu’on lui posait, elle répondit qu’elle sortait du Rhône et qu’elle avait été gardée pendant sept ans comme nourrice par le drac :

« Dans une grotte vaste et pleine de fraîcheur, Eclairée par une lueur aqueuse… »

A quelques temps de là, en apercevant la drac qui se promenait sur la place de Beaucaire, elle alla le saluer fort civilement. Le drac fut si fâché d’être vu qu’il lui creva un œil d’un coup de griffe. Ce fut, d’ailleurs, la dernière manifestation du montre qui ne devait plus reparaître, ni dévorer personne.

D’autres érudits ont prétendu que le dragon représentait l’énergie du débordement des eaux, fleuves ou torrents, et que la victoire remportée sur le monstre symbolisait les patients travaux hydrauliques qui maîtrisent les crues automnales et vernales.

Chaque année, au mois de juin, Beaucaire célèbre le mythe ancestral du Drac.
Trois jours de Fêtes qui se déroulent fin juin et sont l’une des plus anciennes manifestations de Beaucaire.

Pour célébrer cette légende, un défilé et des animations médiévales sont organisés durant trois jours aux quatre coins de la ville. Accompagné de nombreux enfants armés de lampions, le cortège parcourt toute la ville et des concerts ont lieu en soirée.